Dubaï sous tension : les influenceurs français pris au piège de la guerre en Iran
Le 28 février 2026, l'opération militaire conjointe lancée par les États-Unis ("Fureur épique") et Israël ("Lion rugissant") contre l'Iran a fait basculer le golfe Persique dans une crise majeure. Le guide suprême Ali Khamenei est tué dès le premier jour des frappes, remplacé une semaine plus tard par son fils Mojtaba. La riposte iranienne touche directement les Émirats : un drone frappe un quartier résidentiel de Dubaï, un hôtel est endommagé, et trois personnes meurent à Abou Dhabi sous des débris de missiles. En quelques heures, le "paradis doré" de la communauté influence française est devenu une zone à risque.
"La France, protégez-nous" : la panique en direct sur Snapchat
Au lendemain des premières frappes iraniennes, les stories d'influenceurs français basés à Dubaï basculent dans la panique. Maeva Ghennam, 4,4 millions d'abonnés Instagram, lance un appel clair au gouvernement français : "On est Français. La France, protégez-nous." Nabilla, Caroline Receveur, Manon Marsault et d'autres figures de la téléréalité publient à leur tour des messages mêlant peur, incompréhension et demande d'aide. Côté Jessica Thivenin et Thibault Garcia, le couple iconique d'expatriés des "Marseillais", le choix est inverse : ils restent sur place avec leurs enfants, malgré la situation.
Le retour de bâton est immédiat
La réaction de l'opinion française est brutale. Sur X, TikTok et dans les commentaires des grands médias, le même message domine : ceux qui ont quitté la France pour échapper à la fiscalité ne peuvent pas, en cas de coup dur, demander la protection de l'État qu'ils ont fui. Une pétition demandant que les éventuels rapatriements soient à la charge des intéressés réunit rapidement des centaines de milliers de signataires. Les comptes humoristiques se déchaînent, plusieurs élus s'emparent du sujet, et le hashtag #RestezADubai devient viral.
Qui est rentré, qui est resté, qui ne peut pas partir
La carte des positions se redessine vite. Maddy Burciaga et Benjamin Samat quittent les Émirats. Laura Lempicka rentre également en France. La famille Tanti, en vacances à Bali au moment des frappes, ne retourne pas à Dubaï. À l'inverse, Jessica Thivenin et Thibault Garcia font le choix de rester. Cas particulier : Maeva Ghennam ne peut pas quitter l'émirat. Mise en cause dans une procédure pour une altercation avec son ex-compagnon, elle est sous le coup d'un "travel ban" qui l'empêche temporairement de prendre l'avion — un détail que les internautes n'ont pas manqué de souligner.
L'Urssaf et Bercy à l'affût
Au-delà des moqueries, c'est l'administration française qui regarde maintenant ces retours avec une attention nouvelle. L'Urssaf rappelle que la résidence fiscale dubaïote peut être requalifiée dans plusieurs cas : si l'influenceur passe en réalité plus de temps en France qu'aux Émirats, si son centre d'intérêts économiques (clients, audience, contrats) est majoritairement français, ou s'il ne peut pas prouver de manière solide sa vie effective à Dubaï. En cas de requalification, le créateur de contenu redevient résident fiscal français — avec à la clé un redressement potentiellement massif (impôt sur le revenu, contributions sociales, TVA non collectée). Les sanctions peuvent monter, en cas de fraude fiscale aggravée, jusqu'à deux ans de prison et 47 000 euros d'amende.
Dubaï riposte par la com'
Côté émirati, l'enjeu est aussi celui de l'image. L'office du tourisme et plusieurs agences locales mobilisent les influenceurs internationaux restés sur place pour montrer que la vie continue : brunchs, plages, dîners en hauteur. L'objectif affiché est de protéger l'attractivité de Dubaï auprès des grandes fortunes et des créateurs de contenu, alors même que les compagnies aériennes adaptent leurs routes et que plusieurs assurances voyages excluent désormais la région du golfe.
La fin d'un modèle ?
Au-delà du buzz immédiat, c'est tout un modèle qui vacille. L'image du "créateur expat à Dubaï", déjà ternie en France par la loi influence de 2023 et les scandales liés à l'agence Shauna Events, sort encore plus abîmée de cette crise. Plusieurs juristes consultés évoquent une accélération possible des arbitrages : retour en France pour ceux qui ne dépendaient plus vraiment du statut émirati, redéploiement vers d'autres juridictions (Portugal, Andorre, Monaco) pour les autres. Une chose est sûre : la fameuse "vie de rêve à Dubaï" ne sera plus jamais vendue comme avant.
— La rédaction VIP
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